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Les albâtres du Jura au XVe et au XVIe siècle: des archives aux carrières, des carrières aux œuvres

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Résumé

Les albâtres du Jura au XVe et au XVIe siècle: des archives aux carrières, des carrières aux œuvres Les comptes des ducs de Bourgogne, des ducs de Bourbon et de Marguerite d’Autriche documentent l’utilisation des albâtres de Salins, Foncine et Saint-Lothain pour les tombeaux de Jean sans Peur à Dijon, Charles de Bourbon à Souvigny, et Marguerite de Bourbon, Philibert de Savoie et Marguerite d’Autriche à Brou. Dans le cadre du programme de recherche sur les usages de l’albâtre en France du XIVe au XVIe siècle, ces données textuelles ont été confrontées à la caractérisation isotopique des échantillons recueillis sur des œuvres et sur les sites de ces anciennes carrières du Jura– non sans surprises parfois. L’utilisation de ces albâtres, volontiers associés aux pierres marbrières de couleur extraites dans la même zone géographique, est également attestée au XVIe siècle en Franche-Comté dans des tombeaux, statues, retables ou décors de chapelles. Nous avons donc mené examens et analyses en cercles concentriques, en nous intéressant d’abord aux carrières-elles mêmes, dont l’exploitation a cessé dans la seconde moitié du XXe siècle, puis aux œuvres géographiquement proches de ces carrières, ensuite à des réalisations un peu plus éloignées en Franche-Comté et en Bourgogne. Le premier objectif de notre recherche est de cerner la diffusion de ces albâtres francs-comtois dans les territoires de l’ancien duché de Bourgogne. Il s’agit de vérifier si, où et quand l’utilisation de cette ressource locale peut concurrencer des approvisionnements certes plus lointains, mais favorisés par des circuits de diffusions en place plus anciennement comme nous avons pu le déterminer pour les albâtres des Alpes ou d’Angleterre. Les dignitaires bourguignons, comme les Rolin à Autun, ont-ils eu recours à ces carrières en suivant l’exemple du tombeau de Jean sans Peur ? Quand la Bourgogne est rattachée au royaume de France en 1477, les approvisionnements changent-ils ? La Franche-Comté, passée sous domination des Habsbourg, utilise-t-elle exclusivement les albâtres francs-comtois ? Les exporte-t-elle ? Dans les régions voisines de Champagne et de Lorraine ? Ou encore dans les Pays-Bas également sous domination Habsbourg, alors que les premières investigations menées y ont mis en évidence la prévalence des albâtres anglais ? En conclusion, il sera intéressant de confronter le rayonnement ainsi mesuré pour les albâtres du Jura aux informations que notre programme de recherche a déjà pu établir pour ceux des Alpes, de Provence, d’Espagne, d’Angleterre ou l’Allemagne, et se propose encore d’approfondir pour le nord de la France. Entre les aspects favorables ou au contraire dirimants concernant la qualité et l’abondance de la roche, la facilité d’extraction, la commodité de transport, les circuits économiques et les logiques politiques, c’est toute une géographie de l’albâtre en France de la fin du Moyen Âge à la Renaissance qui se dessine progressivement.
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Origine : Fichiers produits par l'(les) auteur(s)

Dates et versions

hal-03528652 , version 1 (17-01-2022)

Identifiants

  • HAL Id : hal-03528652 , version 1

Citer

Wolfram Kloppmann, Sophie Jugie, Lise Leroux. Les albâtres du Jura au XVe et au XVIe siècle: des archives aux carrières, des carrières aux œuvres. Huitième colloque d’ARDS sur l’actualité de la recherche sur la sculpture du Moyen Âge et de la Renaissance, Jan 2022, Paris, France. ⟨hal-03528652⟩

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