Carte géologique de la France (1/50 000) et sa notice, feuille Saint-Pierre et Miquelon

Abstract : L’archipel de Saint-Pierre et Miquelon se situe au niveau du plateau continental de l’Atlantique Nord, sur la rive nord du détroit de Cabot, qui marque l’exutoire sous-marin du fleuve Saint-Laurent, et à 20 km de la péninsule de Burin (Terre-Neuve) vers l’Est. La géologie de l’archipel se rattache à la zone d’Avalon définie à Terre-Neuve, où se situe aujourd’hui le stratotype du passage Précambrien-Cambrien. Cette zone d’Avalon correspond à une ancienne chaîne de montagnes, cadomienne-avalonienne, édifiée à la fin du Protérozoïque (680-550 Ma). Les témoins de cette chaîne précambrienne affleurent sur les îles de Cap Miquelon, de Miquelon et de Saint-Pierre. Le groupe du Cap Miquelon affleure à l'extrémité septentrionale de l'archipel. Il est constitué de roches sédimentaires métamorphisées, recoupées par des intrusions de diorites âgées de 615 Ma. L’âge des roches sédimentaires est inconnu, mais vraisemblablement compris entre 850 et 615 Ma. Plus haut dans la succession stratigraphique, les groupes de Miquelon et de Saint-Pierre sont issus d’un volcanisme explosif dont l’âge est compris entre 585 et 575 Ma. Ce volcanisme comprend des tufs cendreux, des tufs à lapillis et des brèches pyroclastiques. Ces roches forment les nombreuses falaises de Saint-Pierre et les mornes de la Grande Miquelon. Localement, ces groupes présentent à leur base des faciès effusifs de basaltes et d'andésites. L’île de Langlade est formée essentiellement de roches sédimentaires divisées en trois groupes : Fortune, Langlade et Belle-Rivière. Le groupe de Fortune, constitué de roches silto-argileuses et de quartzites, est daté de la base du Cambrien inférieur (541-521 Ma) d’après les faunes présentes. Le groupe de Langlade, constitué de schistes rouges, gris, noirs et de calcaires, est rapporté au Cambrien inférieur à moyen (521-500 Ma). Le groupe de Belle-Rivière est constitué de formations volcaniques (ignimbrites et basaltes) datées à 570 Ma, mais également de roches sédimentaires comparables à des dépôts dévonocarbonifères connus dans les péninsules de Burin et d’Avalon. Les déformations cadomiennes et acadiennes qui affectent les ensembles précédents sont toujours modérées, avec un faible métamorphisme. Seules les roches sédimentaires du Cap Miquelon présentent un métamorphisme de type amphibolite. Des dykes de dolérites recoupent l’ensemble des formations de l’archipel. Un âge mésozoïque (Trias supérieur à Lias inférieur, 220 à 195 Ma) est proposé pour ces intrusions qui seraient liées à l’ouverture de l’Atlantique Nord. La suite de l’histoire géologique régionale nous est donnée par l’analyse du forage Bandol-1 : l’ouverture de l’Atlantique s’accompagne d’une épaisse sédimentation continentale dans des bassins parallèles à la chaîne appalachienne. Les bassins deviennent progressivement marins puis s’épaississent, l’océan proto-Atlantique s’approfondit alors que l’Amérique du Nord se sépare définitivement de l’Afrique il y a 160 millions d’années. Vers 125 Ma, la réorganisation tectonique de l’Atlantique Nord le long d’une faille transformante majeure provoque la surélévation du Sud-Est de Terre-Neuve et des Grands Bancs voisins, ce qui marque le début d’une intense période d’érosion et de pénéplanation des reliefs qui va durer 50 Ma. Vers 70 Ma, le Groenland se sépare du Canada, ouvrant la mer du Labrador. Dès lors, et durant tout le Tertiaire, la sédimentation et l’érosion seront guidées par le basculement de la plateforme vers le large, sous le double effet de la subsidence thermique et des variations du niveau marin. Enfin, depuis 3 millions d’années, le plateau continental a subi les glaciations quaternaires. Lors de la dernière période, il y a environ 18 000 ans, l’inlandsis recouvrait entièrement les îles de Saint-Pierre et Miquelon ; le mouvement de ces glaces a façonné la morphologie de l’archipel, la rendant telle que nous la connaissons aujourd’hui. Une sismicité intraplaque observée autour de l’archipel semble liée aux différences de mouvements verticaux dérivés du rebond post-glaciaire ; les séismes matérialisent les zones d’articulation entre les secteurs en soulèvement et les secteurs en subsidence. L’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, un temps en émergence postglaciaire, comme en attestent les plages soulevées observables à Langlade, semble désormais s’inscrire dans une phase de subsidence lente de la lithosphère par rapport au géoïde, à un taux d’environ 2 à 4 mm/an.
Type de document :
Ouvrage (y compris édition critique et traduction)
BRGM Éditions, 2015, 978-2-7159-1001-0
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Contributeur : Jean-Christophe Audru <>
Soumis le : lundi 25 janvier 2016 - 17:01:36
Dernière modification le : mercredi 9 mars 2016 - 12:20:14

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  • HAL Id : hal-01261687, version 1

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Olivier Blein, Dominique Rabu, Serge Courbouleix, Jean-Christophe Audru. Carte géologique de la France (1/50 000) et sa notice, feuille Saint-Pierre et Miquelon. BRGM Éditions, 2015, 978-2-7159-1001-0. 〈hal-01261687〉

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